Une belle découverte! Une lecture haletante.
Anne-Laure Bondoux s’est fait connaître avec des oeuvres pour la jeunesse, notamment le roman Les Larmes de l’assassin, qu’on ne peut oublier une fois lu. Je ne connaissais que celui-ci avant de lire Nous traverserons des orages.
Comme pour Les Larmes de l’assassin, difficile de lâcher la lecture de ce roman, qu’on peut qualifier de saga familiale ; on suit en effet le destin de plusieurs générations, les Balaguère, dont le repaire, la ferme des Chaumes, dans le Morvan, et ses habitants, vivent des événements et des drames, parfois liés à ceux du vingtième siècle. Le narrateur, Olivier, s’adresse à Saule (On découvre le lien qu’il a avec lui à la fin du roman) dans une longue lettre. Selon lui, il lui incombe de raconter et d’éclaircir des pans obscurs de l’histoire de sa famille. Il veut rompre la chaîne de secrets et de violence qui pèse sur elle, analyse les événements familiaux et historiques. On s’attache à tous les personnages, femmes, hommes, enfants, à leurs ressentis, leurs espoirs, leurs déceptions ; on est happé par l’histoire de ces êtres et de la vie qu’ils mènent, les orages qu’ils traversent. Olivier n’a de cesse, par ailleurs, de rappeler les épisodes qui ont ponctué le siècle depuis la première guerre mondiale jusqu’aux années 2000.
« … il n’y a pas de super-héros dans notre histoire. Seulement des hommes blessés par la violence du monde et qui, incapables d’exprimer ce qu’ils ont au fond d’eux-mêmes, se taisent et exercent la violence à leur tour, comme enfermés dans une malédiction… Pourtant, nous ne sommes jamais condamnés à perpétuité…ni au silence, ni à la violence. »
Pas de super-héros, en effet ; des personnages masculins aux prénoms d’arbres ou de plantes (Cytise, Charme, Aloès, Olivier) , tourmentés, souvent violents ; des femmes effacées, soumises, d’autres, indépendantes. Un roman de vies malmenées mais aussi d’amours et de passions.